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Belgicana

Belgicana

Collection privée d'un amateur de livres et autographes d'écrivains belges (XIXe-XXe siècles)

Eugène Demolder, "Trois Contemporains", Bruxelles, Edmond Deman, 1901. Envoi autographe à Franz Blei.

Eugène Demolder, "Trois Contemporains", Bruxelles, Edmond Deman, 1901. Envoi autographe à Franz Blei

Eugène Demolder, "Trois Contemporains", Bruxelles, Edmond Deman, 1901. Envoi autographe à Franz Blei

La maison de ventes aux enchères de Munich F. Zisska & Lacher proposait dans son catalogue de vente de novembre 2015, p. 315, lot 1592, une édition rare du livre de l'écrivain et critique d'art belge Eugène Demolder (1862-1919), "Trois Contemporains. Henri de Brakeleer. Constantin Meunier. Félicien Rops", publié à Bruxelles, chez Edmond Deman, en 1901, et tiré à seulement 300 exemplaires sur vergé numéroté et paraphé par l'éditeur, avec un envoi manuscrit de l'auteur à l'écrivain, traducteur et critique littéraire autrichien Franz Blei : "à monsieur Blei / en hommage / Eugène Demolder".

Extrait du catalogue de vente F. Zisska & Lacher de novembre 2015

Extrait du catalogue de vente F. Zisska & Lacher de novembre 2015

Envoi manuscrit d'Eugène Demolder à Franz Blei

Envoi manuscrit d'Eugène Demolder à Franz Blei

Exemplaire sur vergé numéroté 46 et paraphé à la main par l'éditeur Edmond Deman

Exemplaire sur vergé numéroté 46 et paraphé à la main par l'éditeur Edmond Deman

 

 

27x20cm, 126 pages. Trois portraits hors texte des trois artistes, dont la reproduction d'un portrait de Félicien Rops par Stremel, et quatre bandeaux de Claire Demolder-Rops, la femme de l'auteur et fille du peintre-graveur.
Édition originale sur vergé numéroté, N°46/300, paraphée par l'éditeur Edmond Deman, avec envoi manuscrit de l'auteur à l'écrivain, traducteur et critique littéraire autrichien Franz Blei : "à monsieur Blei / en hommage / Eugène Demolder". Exemplaire personnel de Franz Blei. Reliure rouge à coins. Dos à cinq nerfs. Nom de l'auteur et pièce de titre dorés. Tranche de tête dorée.

L'écrivain belge Eugène Demolder (1862-1919), cousin et gendre de Félicien Rops, a entretenu tout au long de son existence, par ses oeuvres et sa vie sociale, un rapport étroit avec les arts plastiques, les musées, les expositions, les peintres et leur atelier. Cet avocat de formation s’illustre dans les premières années de sa carrière, en 1885, en publiant dans la revue Le Palais, « organe des conférences du jeune barreau de Belgique », des « croquis » et des « tableaux » de la vie judiciaire, puis dans Le Journal des tribunaux, des portraits de ses contemporains sous le titre de « têtes coupées ». Quand il n'est pas au Palais, il court les expositions et les ateliers de maîtres pour rendre compte de la vie artistique de son temps dans des revues comme La Société nouvelle, Caprice-Revue et L’Artiste. Il est alors l’un des critiques d’art les plus prolifiques de son époque et publie des études qui font encore autorité aujourd'hui : James Ensor (Bruxelles, Lacomblez, 1892), Félicien RopsÉtude patronymique avec quelques reproductions brutales de devises inédites de Rops (Bruxelles, René Pincebourde, 1894), Trois Contemporains. Henri de Brakeleer. Constantin Meunier. Félicien Rops (Bruxelles, Edmond Deman,1901), Constantin Meunier (Bruxelles, Edmond Deman,1901). Par ailleurs, il entre en littérature en publiant dans la presse puis en volume des « transpositions » d’art, contes, récits, légendes et pièces de théâtre bibliques d’inspiration picturale : Impressions d’art : Études, Critiques, Transpositions (Bruxelles, Monnom, 1889), Contes d’Yperdamme (Bruxelles, Lacomblez, 1891), Les Récits de Nazareth (Bruxelles, Vos,1893), La Légende d’Yperdamme (Paris, Mercure de France, 1896) et La Mort aux berceaux (Paris, Mercure de France,1899). Le reste de son oeuvre est une immense galerie de peintures et de portraits d’artistes où les héros sont James Ensor, figuré sous les traits de Saint Fridolin dans Le Royaume authentique du grand Saint Nicolas (Paris, Mercure de France,1896) ; un sculpteur ayant les traits du Charles 1er de Van Dyck ou encore l’inventeur de la faïence de Delft dans son Quatuor de nouvelles (Paris, Mercure de France,1897) ; un peintre du temps de Rembrandt dans La Route d’émeraude (Paris, Mercure de France,1899) ; un caricaturiste dans L’Agonie d’Albion (Paris, Mercure de France,1901).

L'occasion viendra de reparler de manière plus détaillée des oeuvres de l'écrivain belge dont je possède la grande majorité en édition originale.

J'aimerais, pour inaugurer ce blog, porter l'attention sur ma dernière acquisition de bibliophile, à savoir un exemplaire des Trois Contemporains de Demolder avec un envoie de l'auteur à l'écrivain, traducteur et critique littéraire autrichien Franz Blei. e projet de publier une étude sur ces Trois Contemporains : Henri de Brakeleer, Constantin Meunier et Félicien Rops, date du début de l'année 1897, comme en témoigne la correspondance d'Eugène Demolder à l'éditeur Edmond Deman précieusement conservé au Mount Holyoke College (USA) sous la cote MS019. Demolder a alors promis à la revue L'Artiste de donner plusieurs études sur des Belges, mais entend garder quelques articles pour lui afin de confectionner un "beau livre" avec Deman. C'est Félicien Rops lui-même qui imagine le titre de l'ouvrage qui paraitra, finalement, bien après sa mort, en 1901. Sur la recommandation de Félicien Rops, Armand Rassenfosse est d'abord pressenti pour composer la couverture, les titres et culs de lampe des Trois contemporains, mais c'est finalement la fille de Rops et l'épouse d'Eugène Demolder, Claire Demolder-Rops, qui les réalise. L'éditeur, qui rêve d'une grande étude de Demolder sur Rops, repousse sans cesse le projet qui parait finalement dans l'urgence en réaction à la publication calomnieuse du livre d'Hugues Rebell sur Rops le 15 octobre 1901.

 

27x20cm, 126 pages. Trois portraits hors texte des trois artistes, dont la reproduction d'un portrait de Félicien Rops par Stremel, et quatre bandeaux de Claire Demolder-Rops, la femme de l'auteur et fille du peintre-graveur.
Édition originale sur vergé numéroté, N°46/300, paraphée par l'éditeur Edmond Deman, avec envoi manuscrit de l'auteur à l'écrivain, traducteur et critique littéraire autrichien Franz Blei : "à monsieur Blei / en hommage / Eugène Demolder". Exemplaire personnel de Franz Blei. Reliure rouge à coins. Dos à cinq nerfs. Nom de l'auteur et pièce de titre dorés. Tranche de tête dorée.

L'écrivain belge Eugène Demolder (1862-1919), cousin et gendre de Félicien Rops, a entretenu tout au long de son existence, par ses oeuvres et sa vie sociale, un rapport étroit avec les arts plastiques, les musées, les expositions, les peintres et leur atelier. Cet avocat de formation s’illustre dans les premières années de sa carrière, en 1885, en publiant dans la revue Le Palais, « organe des conférences du jeune barreau de Belgique », des « croquis » et des « tableaux » de la vie judiciaire, puis dans Le Journal des tribunaux, des portraits de ses contemporains sous le titre de « têtes coupées ». Quand il n'est pas au Palais, il court les expositions et les ateliers de maîtres pour rendre compte de la vie artistique de son temps dans des revues comme La Société nouvelle, Caprice-Revue et L’Artiste. Il est alors l’un des critiques d’art les plus prolifiques de son époque et publie des études qui font encore autorité aujourd'hui : James Ensor (Bruxelles, Lacomblez, 1892), Félicien RopsÉtude patronymique avec quelques reproductions brutales de devises inédites de Rops (Bruxelles, René Pincebourde, 1894), Trois Contemporains. Henri de Brakeleer. Constantin Meunier. Félicien Rops (Bruxelles, Edmond Deman,1901), Constantin Meunier (Bruxelles, Edmond Deman,1901). Par ailleurs, il entre en littérature en publiant dans la presse puis en volume des « transpositions » d’art, contes, récits, légendes et pièces de théâtre bibliques d’inspiration picturale : Impressions d’art : Études, Critiques, Transpositions (Bruxelles, Monnom, 1889), Contes d’Yperdamme (Bruxelles, Lacomblez, 1891), Les Récits de Nazareth (Bruxelles, Vos,1893), La Légende d’Yperdamme (Paris, Mercure de France, 1896) et La Mort aux berceaux (Paris, Mercure de France,1899). Le reste de son oeuvre est une immense galerie de peintures et de portraits d’artistes où les héros sont James Ensor, figuré sous les traits de Saint Fridolin dans Le Royaume authentique du grand Saint Nicolas (Paris, Mercure de France,1896) ; un sculpteur ayant les traits du Charles 1er de Van Dyck ou encore l’inventeur de la faïence de Delft dans son Quatuor de nouvelles (Paris, Mercure de France,1897) ; un peintre du temps de Rembrandt dans La Route d’émeraude (Paris, Mercure de France,1899) ; un caricaturiste dans L’Agonie d’Albion (Paris, Mercure de France,1901).

L'occasion viendra de reparler de manière plus détaillée des oeuvres de l'écrivain belge dont je possède la grande majorité en édition originale.

J'aimerais, pour inaugurer ce blog, porter l'attention sur ma dernière acquisition de bibliophile, à savoir un exemplaire des Trois Contemporains de Demolder avec un envoie de l'auteur à l'écrivain, traducteur et critique littéraire autrichien Franz Blei. e projet de publier une étude sur ces Trois Contemporains : Henri de Brakeleer, Constantin Meunier et Félicien Rops, date du début de l'année 1897, comme en témoigne la correspondance d'Eugène Demolder à l'éditeur Edmond Deman précieusement conservé au Mount Holyoke College (USA) sous la cote MS019. Demolder a alors promis à la revue L'Artiste de donner plusieurs études sur des Belges, mais entend garder quelques articles pour lui afin de confectionner un "beau livre" avec Deman. C'est Félicien Rops lui-même qui imagine le titre de l'ouvrage qui paraitra, finalement, bien après sa mort, en 1901. Sur la recommandation de Félicien Rops, Armand Rassenfosse est d'abord pressenti pour composer la couverture, les titres et culs de lampe des Trois contemporains, mais c'est finalement la fille de Rops et l'épouse d'Eugène Demolder, Claire Demolder-Rops, qui les réalise. L'éditeur, qui rêve d'une grande étude de Demolder sur Rops, repousse sans cesse le projet qui parait finalement dans l'urgence en réaction à la publication calomnieuse du livre d'Hugues Rebell sur Rops le 15 octobre 1901.

L'ouvrage, acheté pendant la vente aux enchères par l'antiquaire munichois Thomas Rezek, a finalement trouvé sa place, pour mon plus grand plaisir, dans ma collection de livres belges suite à sa mise en vente sur Ebay fin décembre, accompagné d'une monographie de Franz Blei sur Félicien Rops. 

Eugène Demolder, "Trois Contemporains", Bruxelles, Edmond Deman, 1901. Envoi autographe à Franz Blei.

Bien que non signalé dans l'ouvrage de référence sur les Publications de la Librairie Deman par Adrienne Fontainas, Luc Fontainas et Émile Van Balberghe, j'avais appris que Demolder avait fait parvenir un exemplaire du livre à ses confrères de la revue Die Insel Franz Blei, Otto Julius Bierbaum et Alfred Walter Heymel, dans une lettre adressée à l'éditeur Edmond Deman dont je possède une copie fournie par le Mount Holyoke College (USA) où elle est conservée, avec une centaine d'autres lettres de l'auteur à l'éditeur, sous la cote MS019 :

 

[Lettre manuscrite d'Eugène Demolder à Edmond Deman - non datée - probablement décembre 1901 ou janvier 1902]

Mon cher ami,

J’ai de bonnes nouvelles de ta santé par Rassenfosse, qui est à Paris. J’irai te voir à Bruxelles dans 7 jours : je vais à la manifestation Picard.

Voici des adresses que ta maison m’a demandées pour l’envoi de livres Contemporains en Allemagne :

Doctor F. Blei, Arcisstrasse 19III à Munich. 

Otto Julius Bierbaum, Gernerstrasse 4 à Munich. 

Je n'ai pas encore la nouvelle adresse de Heymel.

As-tu vu des articles dans La MeuseLa Revue blancheLe Thyrse, une note dans Durendal. Amitiés

E Demolder

 

L'exemplaire de Franz Blei a été remarquablement conservé dans une jolie reliure rouge à coins avec un dos à 5 nerfs, nom de l'auteur et pièce de titres dorés, tranche de tête dorée. Cependant, il est amputé de la couverture en papier feutré gris-vert et du portrait-cliché de Constantin Meunier par son fils Karl en regard de la page 43, que je reproduis ici à partir d'un autre exemplaire du livre, complet celui-ci, que je possède (n°182). 

 

Trois Contemporains - Page de couverture en papier feutré gris

Trois Contemporains - Page de couverture en papier feutré gris

Trois Contemporains - Portrait-cliché de Constantin Meunier par son fils Karl, hors-texte imprimé en couleur brique sur papier lisse et inséré dans les cahiers, avec onglets, en regard de la page 43

Trois Contemporains - Portrait-cliché de Constantin Meunier par son fils Karl, hors-texte imprimé en couleur brique sur papier lisse et inséré dans les cahiers, avec onglets, en regard de la page 43

C'est encore une fois la correspondance de Demolder à Deman, conservée au Mount Holyoke College (USA), qui m'a permis d'identifier l'auteur du portrait cliché de Constantin Meunier. Dans une lettre de février 1897 (le projet de ce livre date même de novembre 1896!), Demolder propose de prêter à Deman "le portrait de Meunier par son fils Karl" ainsi que d'autres photographies de ses oeuvres qui seront utilisées dans l'édition du livre Constantin Meunier paru chez Deman la même année et dont j'aurai l'occasion de vous reparler dans un autre article. 
 
Le portrait-cliché d'Henri de Braekeleer, en regard de la page 7, par l'artiste peintre belge Eugène Broerman (1861-1932), ainsi que le portrait de Félicien Rops, par Max Arthur Stremel (1859-1928), en regard de la page 69, tous deux hors-texte imprimés en couleur brique sur papier lisse et insérés dans les chaiers, avec onglets, sont bien présents, de même que les quatre bandeaux en tête des chapitres et de la table réalisés par Claire Rops, fille de Félicien Rops et épouse d'Eugène Demolder, comme en témoigne à de nombreuses reprises la correspondance de Demolder à Deman, bien qu'un seul porte discrètement la signature CR. 
 
 
 
 
Trois Contemporains - Portrait-cliché d'Henri de Braekeleer par Eugène Broerman (1861-1962) + bandeau de Claire Rops en tête du chapitre sur Henri de Braekeleer discrètement signé "CR" sous la main du personnage féminin qui époussette le plat

Trois Contemporains - Portrait-cliché d'Henri de Braekeleer par Eugène Broerman (1861-1962) + bandeau de Claire Rops en tête du chapitre sur Henri de Braekeleer discrètement signé "CR" sous la main du personnage féminin qui époussette le plat

Trois Contemporains - Bandeau de Claire Rops en tête du chapitre sur Constantin Meunier

Trois Contemporains - Bandeau de Claire Rops en tête du chapitre sur Constantin Meunier

Trois Contemporains - Portrait de Félicien Rops par Max Arthur Stremel + bandeau de Claire Rops en tête du chapitre sur son père

Trois Contemporains - Portrait de Félicien Rops par Max Arthur Stremel + bandeau de Claire Rops en tête du chapitre sur son père

Trois Contemporains - Table des matières avec bandeau de Claire Demolder-Rops

Trois Contemporains - Table des matières avec bandeau de Claire Demolder-Rops

Quant au texte, il est à noter que les trois études de Demolder ne sont qu'en partie originales : 

- Le texte sur de Braekeleer n'est qu'une réécriture partielle, avec quelques ajouts, d'un article que l'auteur avait fait paraître dans La Société nouvelle XV, 8ème année, LXXXV-LXXXVI, Janv.-Fév. 1892, sous le titre : « Chronique artistique. Henri Leys et Henri de Braekeleer », p.184-197. 

- Le texte sur Félicien Rops reprend des extraits de la précédente étude sur l'artiste que Demolder avait fait paraître chez René Pincebourde, en 1894, sous le titre Félicien Rops. Étude patronymique, avec quelques reproductions brutales de devises inédites de Rops

- La revue L'Art moderne a publié dans ses numéros du 6 octobre et 10 novembre 1901 des extraits des études sur Constantin Meunier et Félicien Rops avant leur publication en volume, accompagnés d'une publicité pour la souscription du volume : 

— Eugène Demolder, « Félicien Rops », L’Art moderne, Vingt-et-Unième année, n°42, 20 octobre 1901, p.331-333

— Eugène Demolder, « Les modèles de Constantin Meunier », L’Art moderne, Vingt-et-Unième année, n°45, 10 novembre 1901, p.371-373

Eugène Demolder, « Félicien Rops », L’Art moderne, Vingt-et-Unième année, n°42, 20 octobre 1901, p.331-333

Eugène Demolder, « Félicien Rops », L’Art moderne, Vingt-et-Unième année, n°42, 20 octobre 1901, p.331-333

Publicité pour la souscription du volume dans la revue L'Art moderne du 10 novembre 1901

Publicité pour la souscription du volume dans la revue L'Art moderne du 10 novembre 1901

Merci d'avoir lu jusqu'ici et à bientôt pour un nouvel article! 

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YamfromJapan 07/01/2016 15:21

Votre blog est très intéressant

Jonathan Devaux 13/05/2016 13:37

Merci @YamfromJapan. N'hésitez pas à vous abonner pour recevoir les notifications dès lors qu'un nouvel article parait.